Portrait de l'artiste
Je peins la mer pour retenir ce que je ne sais pas dire.
- Paris
- Acrylique sur toile
- Marines

01Le détour
Je n'ai pas commencé par les Beaux-Arts. Quelques cours de peinture au lycée, puis des études d'architecture — les lignes, les plans, la rigueur. La peinture, elle, est restée à côté. Le soir. Le week-end. Sans professeur, sans programme, sans autre exigence que la mienne.
Pendant des années, personne n'a rien vu de ce que je faisais. Ce n'était pas de la modestie : je peignais pour moi, comme on tient un journal. Puis les toiles se sont accumulées contre les murs de l'atelier, et il a bien fallu ouvrir la porte.
« Les toiles se sont accumulées contre les murs, et il a bien fallu ouvrir la porte. »
Ce que je cherche
« La peinture m'a toujours permis de saisir une émotion avant qu'elle ne s'évanouisse. »
02La matière

L'acrylique sèche vite. C'est un défaut pour beaucoup ; pour moi c'est une chance. Elle m'oblige à décider maintenant, à poser le geste avant que la pensée ne vienne le corriger.
Je travaille par couches. Parfois lisse, presque liquide, jusqu'à ce que la toile ressemble à un ciel d'été. Parfois épaisse, pâteuse, chargée — et l'écume prend du relief sous les doigts.
Ce que je cherche n'est pas une image de la mer. C'est sa respiration.
03L'origine
Tout vient des plages bretonnes de mon enfance. Les longues marées basses, le sable qui garde l'eau, ce gris qui n'est jamais tout à fait gris. Ces lieux sont un socle, visuel autant qu'émotionnel.
Je ne peins pourtant aucun endroit précis. Personne ne reconnaîtra sa crique. Ce que j'essaie de peindre, ce sont des états : l'attente, le tumulte, l'apaisement qui vient après. Le paysage n'est qu'un prétexte — un endroit où poser ce que l'on ressent.

04Entre ombre et lumière
Deux collections, deux versants d'un même geste. La mer se déchaîne, puis la lumière revient.
Chaque toile est unique. Elle a été peinte une fois, dans un état donné, et ne le sera plus jamais.
Claire Prevost





